Sans parti, si tu veux… mais sans syndicat, vraiment ?

C’est devenu courant, ces dernières années, d’associer partis et syndicats, dans un même rejet de la « récupération » et de « la politique » (au sens politicien du terme, car tout est politique dès lors qu’on ne réduit pas le politique à la représentation bourgeoise et électorale).

Pourtant les deux types d’organisations sont de nature totalement différente. Quand les partis regroupent sur la base d’idées communes des personnes (souvent, pour la plupart d’entre eux, issues de toutes classes sociales), les organisations syndicales, elles, regroupent les travailleurs et travailleurs, du public et du privé, avec ou sans emploi, sur une base matérielle, celle de leurs intérêts liés à leur position subordonnée dans le mode de production capitaliste.

Les organisations syndicales sont des organisations créées par les travailleuses et travailleurs et pour les travailleuses et travailleurs, quelle que soient leur situation (du privé, du public, précaire ou embauché, avec ou sans emploi, actif/ve ou retraitéE…). C’est parce qu’elle les réuni d’abord sur la base de leurs intérêts que ces organisations sont les seules réelles organisations autonomes du prolétariat, c’est à dire de celles et ceux qui ne vivent que de leur force de travail.

Ce sont ces organisations qui ont construit historiquement les conquêtes sociales du mouvement ouvrier, dont tout le monde bénéficie aujourd’hui : sécurité sociale (assurance chômage, maladie, retraite, solidarité famille), garanties conventionnelles salaires minimum, congés payés… Celles et ceux qui prétendent le contraire ignorent l’histoire social, involontairement ou volontairement…

Renoncer au syndicat, c’est renoncer à défendre ses intérêts propres de travailleuses et de travailleurs, de s’organiser en tant que classe. Pas d’action sur la production, pas d’impact réel dans l’économie sans organisation au coeur même de la production. Cette organisation de masse, de front uni face aux patrons et aux actionnaires, mais aussi à l’État, seul le mouvement syndical est à même de la construire dans la durée, de manière solide et constante.

Combattre les déviations  et instrumentalisations bureaucratiques ou politiciennes dans le mouvement syndical est une nécessité, mais celles et ceux qui jettent le « bébé » syndical avec l’eau du bain sale de la bureaucratie font tout autant le jeu de cette bureaucratie (qui s’arrange bien d’une telle critique qui ne remet pas fondamentalement en cause son pouvoir) que celui du patronat et de l’État, dont le rêve est de liquider ce qui reste de résistance syndicale.

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