[structures]Les syndicats et les confédérations syndicales sont des organisations de classe, pas des « corps intermédiaires »

Les syndicats ne sont pas « des corps intermédiaires ». Historiquement, ce sont des organisations ouvrières, les organisations que le mouvement ouvrier s’est donné pour organiser la défense de ses intérêts face au patronat et à l’Etat.
Ce sont les politiciens et les intellectuels bourgeois qui ont défini -de l’extérieur- les organisations syndicales comme des « corps intermédiaires ». Sous leur influence, malheureusement, nombre de syndiquéEs et de syndicalistes ont fini par s’en convaincre.
Le rôle des syndicats -et confédérations syndicales n’est pas le « dialogue social », mais la conquêtes d’améliorations sociales et la transformation de la société par la préparation de l’expropriation capitaliste, comme le rappelle la charte d’Amiens.
Négocier à l’issu d’un rapport de force pour arracher des conquêtes, les généraliser, c’est une étape de la lutte, mais pas une fin en soi.
Non, le problème actuel n’est pas le « mépris des corps intermédiaires », mais la faiblesse du mouvement syndical, et donc du rapport de force de classe lié à :
_ La prédominence du syndicalisme d’entreprise, de statut, sur le syndicalisme d’industrie/de branche, qui laisse des pan entiers du prolétariat sans outil organisationnel.
– La désertion militante des organisations de solidarité inteprofessionnelles que sont les Unions Locales (ou leur inexistance dans certaines organisations syndicales) qui laisse chacune et chacun dans sa lutte et dans sa merde.
Prédominence et désertion dont la continuité est assurée y compris par plein de « gauchistes » à discours « bien rouge » « ou rouge et noire, mais qui en réalité se gardent bien de s’attaquer à la racine du problème en posant la question de l’organisation, parce qu’ils pensent que le parti/l’organisation politique (ou dans sa version informelle facebook ou le collectif bidule) est le lieu pour construire cette solidarité en lieu et place de l’outil syndical pourtant évident (et ça permet de recruter sur le mode « regardez le mouvement syndical ne fait pas assez d’interpro »)
Cette pratique laisse dans les faits la place libre à la bureaucratie, nourri l’antisyndicalisme, et entérrine de nouveaux reculs sociaux. D’un côté les incantations qui ne se donnent pas la peine de traduire sur le terrain organisationnel des objectifs stratégiques, de l’autre une bureaucratie qui sait se faire rouge à l’occasion, mais se garde bien de toucher elle aussi aux structures, et se satisfait bien d’une telle « opposition »gauchiste qui se complait dans une posture de dénonciation mais ne va pas faire bouger les ligne organisationnelle au sein des orgas syndicales en créant ou relançant les outils qui fonctionnent.
Pour sortir de cette faiblesse, il faut :
_ Revenir aux fondamentaux du syndicalisme : syndicalisme d’industrie, renforcement des unions locales, interpro, ancrâge de classe, solidarité de classe, construction DURABLE d’un rapport de force
_ Poser la question de l’unification du syndicalisme de classe
_ Et, avec des organisations en ordre de bataille, construire l’affrontement de classe, avec pour objectif le développement de collectifs syndicaux partout sur des bases d’industrie, et d’UL, seuls à même de faire de la généralisation de la grève un objectif stratégique réalisable et non une incantation mythique.
Sortir de la facilité, de l’idéalisme, mettre les mains dans le cambouis

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