Se former pour agir au quotidien

La question de la formation syndicale est une question centrale pour construire le collectif syndical. Des syndiquéEs forméEs sont de potentiels militantEs syndicalistes. Des militantEs syndicalistes formés sont des militantEs syndicalistes plus efficace. Mais aussi, tout simplement, la formation reste la meilleure manière de transmettre l’expérience accumulée par l’action collective syndicale, et d’ainsi garantir le caractère collectif de l’organisation.

En effet, ce caractère collectif est menacé lorsqu’il repose sur une seule personne, ou même une toute petite minorité de personne, placée en position de « sachant » ou d’expert. Une situation de dépendance entre la personne ou la petite minorité et le syndicat s’établit alors, qui rend possible toutes les dérives.

Bien sur, cela ne signifie pas nécessairement que ces dérives se produisent, et bien des militantes qui se retrouve dans cette situation de monopole des savoirs et savoirs faire syndicaux restent des militantEs intègres qui mettent leur savoirs et leurs savoirs faire au service du collectif. Mais qui n’a pas déjà observé comment un collectif syndical peut s’effondrer lors de la prise de retraite ou du décès d’un militant ou d’une militante de grande valeur et de grande expérience, sur lequel l’ensemble des syndiquéEs avait pris l’habitude de se reposer ?

A l’inverse, les organisations qui pratiquent une politique de formation constantes et pensées et s’attachent à élargir, en permanence et le plus possible leur surface militante et leur équipe syndicales, sont celles justement qui survivent à ces coups durs et continuent de porter le flambeau collectif.

Penser la formation de manière globale

Toute formation possède à la fois une dimension théorique et pratique. Les savoirs et les savoirs faire syndicaux peuvent se transmettre au moyen de sessions de formation, mais aussi par le biais d’un « tuilage » au responsabilité pendant lequel unE ou des camarades plus expérimentéEs accompagne les nouveaux ou nouvelles camarades dans leur prise de responsabilité.

Une militante ou un militant formée doit connaître les rouages et les mécanismes de décision des organisations de la confédérations, leurs fonctionnements structurels, et les raisons qui ont amenés les organisations à adopter tel ou tel mode de structuration. Il ou elle doit aussi avoir conscience des pratiques qui existent dans le syndicat, des meilleures (celle au service du collectif) jusqu’au pires (celles au services d’intérêts et de promotion individuelles, de fractions politiciennes ou bureaucratiques), et de mécanismes collectif qui permettent de favoriser les meilleures et de se prémunir des pires…

Il ou elle doit acquérir les pratiques collectives qui permettent de faire face de manière efficace au patronat, notamment une vision stratégique et tactique de l’action syndicale. Combien de militantes et de militants de valeurs se sont « grillés » parce qu’ils ont été ou se sont exposés à la répression antisyndicale de manière brutale sans y être préparé faute de transmission de ces savoirs faires et de ses savoirs théoriques et pratiques ?

Il ou elle doit enfin acquérir une grille de lecture de classe qui lui permette de ne pas prendre pour argent comptant le discours du patron, ses lamentations qui n’ont qu’un but, la défense de ses intérêts matériel. Développer une vision autonome de classe, donc.

Penser la formation de manière stratégique

La formation syndicale n’est pas accessible de la même manière selon qu’on soit salariéE dans une grande entreprise ou un service publique, une PME ou une TPE, selon qu’on soit en situation de précarité ou non, qu’on ai un mandat ou non. Une politique de formation syndicale qui ambitionne de rayonner sur l’ensemble des travailleurs et des travailleuses doit prendre en compte cette réalité et proposer des modalités de formation qui ne sont pas nécessairement conditionnées par la prise de congé de formation sociale et syndicale, prise qui peut être parfois tout à fait périlleuse dans les déserts syndicaux ou les TPE.

En plus de stages de formations organisés dans le cadre de ces congés que prévoit encore à cette heure le code du travail mais dont l’accès est parfois difficile, nos organisations ont tout intérêts à penser des événements de formation en soirée ou en Week-end, des supports écrits et audio-visuels qui permettent d’outiller y compris les syndiquéEs qui n’ont pas accès à ces droits syndicaux.

De même, il est important d’intégrer toutes les dimensions de la formation syndicale, théorique et pratique dans les plans de formations des organisations, et de les penser de manière stratégique, en lien notamment avec l’actualité sociale actuelle ou à venir, ou les préoccupations spécifiques du moment dans la branche ou le territoire.

Enfin, ne pas se contenter d’une optique défensive et réactionnelle en matière de formation : il ne s’agit pas simplement de former pour décrypter les mauvais coups patronaux du moment, mais de former non seulement pour anticiper les mauvais coups avenir, mais encore pour envisager les alternatives syndicales concrètes à construire face au capitalisme (contrôle ouvrier, reprise de la production notamment).Logo retour aux sources

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