L’indépendance syndicale n’est pas soluble dans les échéances électorales

Le constat est le même à chaque échéance électorale : alors que les débats devraient être centrés sur la pratique de construction du rapport de force en toutes circonstances pour défendre nos intérêts de classe, ceux-ci sont régulièrement déviés par des appels à soutenir tel ou tel candidat, associées à des positions anti-abstentionnistes moralistes. Selon la sensibilité qui domine localement dans les sections syndicales, l’identité du candidat varie. Mais une chose reste constante : c’est à quelle point une telle pratique, loin de rassembler et renforcer le mouvement syndical et la CGT, ne fait que l’affaiblir en introduisant de la division.

La confédération syndicale CGT s’est construite historiquement comme un front unique des travailleurs et travailleuses face à leurs exploiteurs, c’est à dire au patronat et à l’État. C’est le « parti du travail » décrit par Emile Pouget, l’un des syndicalistes révolutionnaires artisan de la fusion de la fédération nationale des bourses du travail et de la fédération nationale des syndicat qui a donné naissance, en 1895, à la CGT.

C’est pour préserver ce front unique de la division en multiples chapelles, chacune liées à un parti ou une secte politique, que le congrès confédéral d’Amiens a adopté la motion dites « Charte d’Amiens » qui affirme le principe d’indépendance syndicale.

Ce principe n’est pas une « lubie » mais part du constat, vérifiable dans l’histoire du mouvement syndical que les pratiques qui consistent à vouloir mettre le mouvement syndical à la remorque d’un partie, d’un courant politique spécifique du mouvement ouvrier, ou d’une secte, ne peut aboutir qu’à la scission, et ensuite à l’affaiblissement du mouvement ouvrier.

Ce n’est pas un hasard si les conquêtes majeures du mouvement syndical en France ont eu lieu quand le mouvement syndical était unifié (1936 et 1945).

Vouloir mettre notre confédération à la remorque de tel ou tel candidat ou de tel ou tel parti ne peut résoudre aucune de nos difficultés. Une telle attitude, qui revient à déléguer à d’autres la résolution des problèmes concrets auquel nous devons faire face aux quotidien en tant que syndicalistes, ne peut conduire qu’à notre affaiblissement.  « Il n’y a pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar ni tribun, producteurs sauvons nous nous même, décrétons le salut commun » : les paroles de l’internationale sont plus que jamais d’actualité.

L’indépendance syndicale ne signifie pas la neutralité politique puisque nous portons les valeurs historiques du mouvement ouvrier (solidarité de classe, internationalisme…) qui sont éminemment politiques. Mais l’action syndicale n’est pas l’action politique électorale : elle consiste à lutter directement et collectivement, dans les entreprises et les services, pour l’amélioration de la situation matérielle et morale des travailleurs et travailleuses et pour préparer l’expropriation capitaliste. Ainsi, comme le rappelle la motion d’Amiens, « les organisations confédérées (n’ont) pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale.»

Ainsi, cette conception de l’indépendance est issue de la nécessité historique de construire un front unique des exploités, alors que les logiques électoralistes partisanes, elles, ne créent que de la division. Pas de « trève électorale » donc, dans la défense de l’indépendance syndicale !la Vie ouvriere

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s