Le bureau exécutif de la confédération a choisi, ce 6 décembre 2018, en pleine ébullition sociale, de cosigner un communiqué indigne avec les autres organisations syndicales, l’Union syndicale Solidaires exceptés.
Indigne, parce qu’il prétend que le gouvernement a « ouvert les portes du dialogue », alors qu’il reste sourd aux attentes sociales et choisit la surenchère répressives.
Indigne, parce ce communiqué tait la violence sociale et la violence de la répression pour se faire le pompier au service du gouvernement et du patronat en dénonçant « toutes formes de violence dans l’expression des revendications. »
Ce communiqué s’inscrit dans l’idéologie bourgeoise qui fait des organisations syndicales des « corps intermédiaires » et qui entretient l’illusion du « dialogue social » comme facteur de progrès social. Il entretient également l’idée que la situation sociale actuelle découlerait non de l’état du rapport de force entre les classes, mais du « manque d’écoute » du gouvernement.
Le progrès social n’est jamais venu de « l’écoute » des gouvernants, mais du rapport de force qu’a su imposer l’action syndicale.
Les organisations syndicales n’ont jamais été « reconnues » par les gouvernants, mais ont su s’imposer par la force de leur action sur le terrain économique et social. Se lamenter sur le « manque d’écoute » du gouvernement, c’est passer à côté du véritable problème auquel nous avons à faire face : celui du recul du rapport de force syndical.
Ce recul, nous l’avons déjà évoqué, est le fait de structures inadaptées à l’évolution de l’organisation économiques, les syndicats d’entreprises, et leur pendant, la logique corporatiste. Ce recul est fait de l’idéologie du « dialogue social » qui s’illusionne en pensant que par la seule qualité de l’argumentaire on convaincra patrons et gouvernants de reculer et prendre en compte nos revendications, alors que c’est uniquement le rapport de force que nous arrivons à construire qui peut les y contraindre. Ce recul est également le fait du désinvestissement des structures interprofesssionnelles par les militantEs et militantEs, qui favorisent le recul corporatiste, facteur d’échec sur toutes les questions qui touchent à l’intérêt général des classes laborieuses. Ce recul est aussi le fruit d’une tendance à la bureaucratisation qui éloignent considérablement une partie des instances syndicales de la réalité de terrain, bureaucratisation favorisée par le replis corporatiste, l’absence de vie syndicale, de formation syndicale et de contrôle des mandats.
Ce recul est enfin le fait de l’absence de toute stratégie conséquente et durable de confédéralisation des luttes, qui sorte de l’inertie, des journées d’actions sans lendemain, mais aussi des appels incantatoires et organise l’affrontement social dans l’esprit de la Chartes d’Amiens.
Si, suite à la protestation de nombreuses structures, un communiqué confédéral a « rectifié le tir » dans la foulée, en réaffirmant les valeurs initiales de notre syndicalisme, la signature du communiqué interconfédéral est inacceptable. Elle traduit en soit cette volonté issue de l’idéologie du « syndicalisme rassemblé » qui fait de l’unité syndicale avec des organisations qui versent dans la collaboration de classe une fin en soit.
A l’opposé de cette logique, une véritable politique d’unification syndicale ne peut se faire que sur un projet de lutte de classe, et de confédéralisation des luttes. En rupture avec cette idéologie du syndicalisme comme facteur de « pacification » des relations sociales, elle doit également se faire sur la base d’une réelle construction de l’alternative syndicale à toutes les échelles, par le biais des outils structurels de notre confédération. Pour reconstruire un syndicalisme présent partout, qui construise le rapport de force réellement, sans non plus se satisfaire de postures ou d’incantations.
Ce sont les valeurs de notre CGT !
Le syndicalisme est né historiquement de l’effort d’auto-organisation de la classe ouvrière. Des sociétés de secours ouvrières (comme la société des Voraces) aux bourses du travail, assurant avtn la sécu, l’entraide face à la maladie, les cours du soir, l’entraide face au chômage, la solidarité de classe a été au coeur de l’effort d’organisation ouvrier. Ces organisations de solidarité professionnelles et interprofessionnelles ont été le support de luttes victorieuses qui ont arraché au patronat des conquêtes sociales dont tout le monde bénéficie aujourd’hui (baisse du temps de travail, hausse des salaires, retraites, assurance chômage, lois sociales…)
«Le Congrès confédéral d’Amiens confirme l’article 2, constitutif de la CGT: la CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat.